← Observatoire & analyses
★ ÉTUDE · 14 MIN

Rapport économique 2026 : marges en hausse, profits en baisse, un pays coupé en deux

Le panel des 575 000 sociétés qui ont déposé pour 2024, repris un an plus tard : la marge brute des PME grimpe de 5 %, le bénéfice national recule de 8 à 15 % selon la lecture, concentré sur une dizaine de grands comptes, les créations explosent mais plus en société. Le bilan de la Belgique des entreprises, région par région.

AK
Aurélien Kinet
Fondateur · Rovalta · 08 septembre 2026 · Mis à jour le 22 septembre 2026

Les entreprises belges ont vendu plus cher, payé plus de salaires et gagné moins d’argent en 2025. C’est le résumé brutal des 515 835 comptes annuels de l’exercice 2025 déjà déposés à la Banque nationale, que Rovalta a passés au crible au 22 septembre 2026. Derrière la moyenne, le pays se coupe en deux : une moitié des sociétés progresse, l’autre stagne, et une dizaine de grands comptes, holdings en tête, font à eux seuls basculer le résultat national.

Ce rapport lit l’économie par le bas : société par société, à partir du registre des entreprises et des comptes déposés, avant que Statbel et la BNB ne publient leurs agrégats. Il est destiné à ceux qui doivent situer une entreprise, la leur ou celle d’un client, par rapport au reste du tissu belge.

À retenir

+4,9 %
de marge brute cumulée en 2025
453 334 sociétés suivies sur deux ans
-8 à -15 %
de bénéfice net cumulé, ordre de grandeur
lu 10 % sur 82.4 % des dépôts
17 596 €
de bénéfice pour la société médiane
contre 17 350 € en 2024, soit 1,4 %
+16 %
de créations en janvier-août 2026
-2,6 % pour les sociétés
26 %
des sociétés en perte
contre 28 % un an plus tôt
  • La marge brute des PME grimpe de 5 % pour la deuxième année d’affilée, mais la masse salariale suit à +4,5 %. Une société sur deux seulement voit sa marge augmenter.
  • Le bénéfice cumulé recule, de 10 % à ce stade et vraisemblablement davantage. Faux signal pour les PME : 52 % des sociétés améliorent leur résultat et la société société médiane gagne 17 596 euros, contre 17 350 un an plus tôt. Vrai signal pour une dizaine de grands comptes, surtout des holdings : à eux seuls, ils perdent 20,8 milliards, davantage que la baisse nationale.
  • La Belgique n’a jamais créé autant d’entreprises. Mais ce sont des indépendants en personne physique. Les constitutions de sociétés reculent.
  • La Wallonie est la seule région où les profits progressent. Bruxelles a le plus de sociétés en perte et à fonds propres négatifs.
  • Horeca et construction concentrent quatre faillites sur dix et les pires scores de santé. Le juridique, la santé et l’informatique sont les secteurs les plus solides.

Marges en hausse, profits en baisse

Chaque compte annuel contient les chiffres de l’année et ceux de l’année précédente, ce qui permet de comparer chaque société à elle-même. Sur les 453 334 sociétés concernées, la marge brute cumulée passe de 93,2 Md€ à 97,8 Md€. Les frais de personnel montent presque aussi vite. L’EBITDA cumulé bouge à peine, +4,1 %, quand le bénéfice net recule de 10 %.

Ce dernier chiffre demande la précaution que les agrégats officiels prennent en publiant six mois plus tard. Il est lu sur 82.4 % de l’exercice, et il bouge encore : notre édition du 8 septembre, arrêtée à 85 % des dépôts, affichait -16 %. Deux constats permettent malgré tout d’en donner le sens. La première moitié des dépôts, complète depuis des mois, porte l’essentiel du résultat national, parce que ce sont les grandes sociétés qui déposent tôt. Et sur l’exercice précédent, aujourd’hui clos, les derniers déposants ont retiré 5,4 milliards au total : ils aggravent, ils n’inversent pas. Lu sur les dépôts 2024 eux-mêmes plutôt que sur la colonne comparative des dépôts 2025, le recul ressort à 8 % au lieu de 10. La baisse est donc acquise, son ampleur se situe entre 8 et 15 %, et toute décimale publiée aujourd’hui serait fausse demain.

C’est aussi pourquoi ce total ne décrit pas votre entreprise. 20.8 % du bénéfice déclaré en Belgique tient dans dix sociétés, 41 % dans cent. Mesuré société par société, le pays dit l’inverse : la société médiane gagne 17 596 euros, contre 17 350 un an plus tôt, soit 1,4 %. La nuance est dans le ratio : la part de la marge brute qui finit en bénéfice recule de 37,3 % à 36,5 %. La société typique encaisse donc un peu plus, mais garde une part un peu plus faible de ce qu’elle produit, et la proportion de sociétés en perte monte de 25,8 % à 26,5 %. Rien d’un effondrement, rien d’une embellie non plus.

Exercice 2025 contre exercice 2024, mêmes sociétés, mêmes dépôts
20242025Var.
Chiffre d'affaires (modèles complets)957 Md€972 Md€+1,5 %
Marge brute93,2 Md€97,8 Md€+4,9 %
Frais de personnel170,0 Md€177,7 Md€+4,5 %
EBITDA120,5 Md€125,4 Md€+4,1 %
Bénéfice net121,3 Md€108,9 Md€-10,2 %
Trésorerie132,2 Md€138,2 Md€+4,5 %
Ce qui a bougé en 2025, sur les mêmes sociétés
Rovalta · comptes annuels déposés à la BNB · extraction du 8 septembre 2026

Le recul du bénéfice est un phénomène de sommet : les dix plus fortes baisses totalisent 20,8 milliards, davantage que le recul national tout entier. On y trouve surtout des holdings, dont le résultat suit le calendrier des dividendes remontés par leurs filiales (Taminco, Titan, Avnet, Nayarit, Sofina), et quelques grands groupes : Electrabel gagne encore 5 milliards, mais 2,85 de moins qu’en 2024 ; Carglass, D’Ieteren et KBC Groupe rendent chacun plus d’un milliard. Retirez ces grands comptes et le bénéfice des PME est stable à légèrement positif : 52 % des sociétés font mieux qu’en 2024, et la trésorerie cumulée progresse de 4,5 %.

L’an dernier, même exercice, même méthode : marge brute +5,9 %, bénéfice +11 %. Le retournement de 2025 est donc entièrement un retournement des grands résultats, pas du tissu.

Pour un CFO
Le point de comparaison utile n’est pas la moyenne mais la médiane : +1,8 % de marge brute par société en 2025, et 54,9 % des sociétés en hausse. Une PME qui a fait +3 % de marge brute a battu la majorité de ses pairs. Une PME dont la masse salariale a crû de plus de 4,5 % a fait pire que le pays.

Quatre trajectoires

Une médiane unique ne peut décrire qu’une partie du pays. Une croissance en pourcentage n’existe pas pour une société qui n’avait pas de bénéfice l’an dernier, et le mot « déficitaire » confond une perte qui se résorbe et une perte qui se creuse. Entre deux exercices, une société ne peut faire que quatre choses. Les voici toutes les quatre.

Panel 2024 repris en 2025, médiane de chaque groupe
Sociétés20242025Var.
Bénéficiaires aux deux exercices297 64540 617 €42 292 €+4,1 %
En perte aux deux exercices72 908−14 690 €−14 305 €perte -2,3 %
Tombées en perte51 59714 281 €−12 575 €—
Sorties de perte48 734−11 650 €15 112 €—

Le tissu déficitaire ne s’enfonce pas. Sur les 72 908 sociétés en perte deux années de suite, 51,3 % réduisent la leur et la perte médiane se resserre de 2,3 %. C’est un pile ou face : ni redressement d’ensemble, ni aggravation. Jusqu’ici « déficitaire » désignait indistinctement une société qui s’en sort et une société qui s’enlise.

Le brassage est intense et équilibré. Plus de cent mille sociétés changent de camp en un an, presque autant dans chaque sens, et pour des montants voisins : on tombe d’un bénéfice médian de 14 281 euros vers une perte de 12 575, on remonte d’une perte de 11 650 euros vers un bénéfice de 15 112.

Pour un CFO
Le pays ne se coupe pas en deux à quelques pour cent près, il se coupe en deux échelles. Le noyau rentable gagne 42 292 euros de médiane et progresse de 4,1 %. Les trois autres groupes jouent entre −15 000 et +15 000 euros. Une société qui bascule ne gagnait déjà qu’un tiers de ce que gagne une société stable : ce n’est pas un accident qui frappe au hasard, c’est une frange qui oscille autour de zéro. Situer une PME commence par savoir dans laquelle des deux populations elle se trouve.

Créations : le boom des indépendants

137 947 entreprises encore inscrites aujourd’hui ont démarré en 2025, un record, 14 % de plus qu’en 2024. Et 2026 accélère encore : 100 679 démarrages de janvier à août, contre 86 616 sur la même période de 2025.

Mais ce ne sont pas des sociétés. Les personnes morales constituées sur huit mois reculent de 2,6 % (40 146 contre 41 232). Toute la hausse vient des indépendants en personne physique, complémentaires ou à titre principal. La part des sociétés dans les créations, encore de 58 % en 2019, est tombée à 48 % en 2025 et à 40 % sur le début 2026.

Démarrages d'activité par année (entités encore inscrites à la BCE)
AnnéeToutes entitésSociétés
201976 08144 114
202079 14946 795
202193 73655 580
202298 23857 549
2023106 96060 623
2024120 50764 381
2025137 94766 102
Le décrochage des créations de sociétés
Rovalta · BCE/KBO Open Data · entités encore inscrites

Pour les comptables, les banques et les assureurs qui vivent de la constitution de sociétés, la lecture est claire : le flux de nouveaux dossiers de sociétés est plat, celui des indépendants explose. Pour les pouvoirs publics, le « dynamisme entrepreneurial » de 2026 est celui de l’activité complémentaire, pas de la création d’emploi.

Faillites : horeca et chantiers

2 729 faillites ont été publiées au registre de juin à août 2026, environ 910 par mois, juin incluant un rattrapage. Quatre sur dix touchent la restauration ou la construction. La Flandre en concentre près de la moitié, en ligne avec son poids dans le tissu.

Faillites publiées depuis fin avril 2026, par secteur
Rovalta · BCE/KBO, codes 048 à 053, date de publication au registre
Faillites publiées depuis fin avril 2026, par région
RégionFaillitesPart
Flandre1 88048,3 %
Wallonie71318,3 %
Bruxelles-Capitale55314,2 %
Faillites publiées depuis fin avril 2026, par secteur connu
SecteurFaillitesPart
Restauration44218,8 %
Construction spécialisée32814,0 %
Commerce de détail28612,2 %
Promotion et construction de bâtiments1496,4 %
Commerce de gros1365,8 %
Transports terrestres1325,6 %
Services personnels853,6 %
Sièges sociaux et conseil de gestion813,5 %
Services aux bâtiments803,4 %
Activités immobilières582,5 %

Le signal est cohérent avec les comptes : la restauration compte 34 % de sociétés en perte et 23 % de scores de santé fragiles, l’hébergement fait pire encore (45 % en perte). Le suivi quotidien est sur la page Faillites.

Wallonie, Flandre, Bruxelles

La Wallonie signe la meilleure année : chiffre d’affaires publié en hausse de 3,2 %, bénéfice cumulé en hausse de 8,8 %, seule région dans le vert sur les deux. La Flandre, qui pèse 64 % des dépôts et 644 Md€ de fonds propres, encaisse le repli de quelques grands groupes et de leurs holdings : bénéfice cumulé à -18 %. Les dix plus fortes baisses flamandes (Taminco, Carglass, Unilin et Janssen Pharmaceutica en tête) pèsent 14,5 milliards, davantage que le recul de toute la région. Bruxelles progresse peu et cumule les fragilités : 32 % de sociétés en perte et 17 % à fonds propres négatifs, le poids des sièges de holdings et des sociétés immobilières.

Exercice 2025 par région du siège
RégionDépôtsCA publié (var.)Bénéfice net (var.)
Flandre298 370615 Md€ +1,4 %55,8 Md€ -17,7 %
Wallonie110 502117 Md€ +3,2 %16,0 Md€ +8,8 %
Bruxelles-Capitale56 478236 Md€ +1,2 %36,0 Md€ +0,3 %

Secteurs gagnants et perdants

Nous ne publions plus de classement des secteurs gagnants et perdants. Notre édition de septembre en donnait un, bâti sur les bénéfices cumulés par secteur, et il n’a pas tenu : à trois points de complétude d’écart, l’informatique est passée de gagnante, avec un bénéfice annoncé en hausse de 30 %, à perdante, à -6 %, sans qu’aucune société ne change de résultat. Seule la composition du groupe mesuré avait bougé. Un secteur, c’est souvent moins de mille sociétés, et sa somme est décidée par les trois plus grosses.

La dernière colonne du tableau dit pourquoi. Elle donne la part des sociétés du secteur qui a déjà déposé ses comptes 2025, et elle va de 73,9 % dans les transports et la restauration à 89,6 % chez les holdings. Le sens de cet écart compte : les sociétés en difficulté déposent tard, donc les secteurs les plus fragiles sont les moins complets, et toute lecture de leurs totaux les flatte. Les colonnes de variation restent dans le tableau, elles ne sont pas une conclusion.

Ce qui se lit sans attendre le solde des dépôts, ce sont les parts. La santé humaine et le juridique comptent moins d’une société en perte sur dix. L’hébergement en compte plus de quatre sur dix, la restauration et les services personnels un tiers. Le cas le plus instructif est la pharmacie : 2,6 milliards de bénéfice cumulé, et 39 % de sociétés en perte. Quelques géants y masquent une majorité de petites structures déficitaires, ce qu’aucun total sectoriel ne dira jamais.

Exercice 2025 par secteur (division NACE de l'activité principale)
SecteurCA publiéVar. CAVar. bén.Panel déposé
46 · Commerce de gros214,6 Md€+0,8 %+4 %82,2 %
10 · Industries alimentaires44,2 Md€+8,6 %-56 %80,0 %
47 · Commerce de détail42,5 Md€+1,9 %+13 %79,8 %
35 · Énergie (production, distribution)26,4 Md€+14,3 %-35 %87,0 %
20 · Industrie chimique20,3 Md€+6,3 %-73 %86,2 %
52 · Entreposage et logistique17,1 Md€+9,6 %-10 %82,4 %
82 · Services administratifs et de soutien16,4 Md€+7,9 %+3 %86,6 %
21 · Industrie pharmaceutique14,2 Md€-0,7 %+4 %86,1 %
86 · Activités pour la santé humaine12,1 Md€+5,2 %+3 %87,8 %
49 · Transports terrestres11,3 Md€+1,8 %-3 %73,9 %
28 · Fabrication de machines11,0 Md€-2,7 %-51 %87,8 %
64 · Holdings et activités financières10,5 Md€+8,2 %-23 %89,6 %
62 · Programmation et conseil informatique10,5 Md€+1,9 %-47 %88,2 %
70 · Sièges sociaux et conseil de gestion10,1 Md€-3,8 %-15 %89,0 %
72 · Recherche et développement6,3 Md€+61,5 %+513 %85,2 %
41 · Promotion et construction de bâtiments6,1 Md€+7,0 %+6 %77,8 %
43 · Construction spécialisée5,9 Md€+1,7 %+5 %82,0 %
68 · Activités immobilières5,7 Md€-1,7 %+10 %86,2 %
69 · Activités juridiques et comptables2,0 Md€+11,1 %+14 %88,7 %
55 · Hébergement1,4 Md€0,0 %-51 %81,3 %
56 · Restauration1,2 Md€0,0 %-11 %74,0 %
96 · Services personnels0,8 Md€0,0 %+17 %79,1 %

La restauration dégage toujours un petit bénéfice d’ensemble (0,3 milliard, à peine moins qu’en 2024), mais c’est, avec l’hébergement et les services personnels, le secteur où l’on trouve le plus de sociétés en perte. L’immobilier affiche 38 % de sociétés déficitaires : la plupart sont des véhicules de détention dont la perte comptable est un choix, pas un accident.

Pour un CFO
Pour situer une PME dans son secteur, deux ratios suffisent : la part de sociétés en perte (de 9 % chez les comptables et avocats à 45 % dans l’hôtellerie) et la part de scores de santé inférieurs à 2 (de 3 % à 29 %). Une société en perte dans un secteur à 9 % est un cas ; dans un secteur à 40 %, c’est la norme.

Le club des géants

Les dix premiers chiffres d’affaires statutaires du pays totalisent plus de 190 milliards. Ce sont surtout des centrales d’achat et des plateformes de facturation de groupes étrangers (Toyota, ExxonMobil, Cargill, Mastercard) : le chiffre transite par la Belgique, l’emploi beaucoup moins. Le raffinage anversois recule avec les prix pétroliers ; Electrabel, Mastercard et Colruyt progressent.

Chiffre d'affaires statutaire 2025 (millions d'euros)
#SociétéCA 2025Var.
1Toyota Motor Europe39 760 M€-4 %
2PFIZER SERVICE COMPANY36 844 M€+2 %
3Janssen Pharmaceutica21 788 M€-4 %
4ExxonMobil Petroleum & Chemical19 897 M€-13 %
5TotalEnergies Petrochemicals & Refining15 523 M€-17 %
6Eurelec Trading13 391 M€+8 %
7Cargill13 354 M€+9 %
8Electrabel13 083 M€+19 %
9Mastercard Europe9 632 M€+16 %
10Colruyt Food Retail
Non comparable à 2024
7 970 M€+101 %
Plus gros bénéfices nets 2025 (millions d'euros)
Société20252024
Electrabel5 000 M€7 850 M€
UCB Pharma4 240 M€947 M€
ExxonMobil Petroleum & Chemical3 292 M€1 311 M€
Société Anonyme de Participation et de Gestion2 696 M€46 M€
Anheuser-Busch InBev2 616 M€320 M€
GlaxoSmithKline Biologicals2 397 M€2 193 M€
ATLAS SERVICES BELGIUM2 283 M€428 M€
Colruyt Group2 146 M€1 733 M€
Mastercard Europe1 990 M€1 404 M€
argenx1 621 M€296 M€
Plus grosses pertes nettes 2025 (millions d'euros)
Société20252024
Engie Energy Services International-1 074 M€-471 M€
Worldline e-Commerce Solutions-769 M€-36 M€
Hino Motors (Europe)-758 M€59 M€
Syensqo Participations Belgique-648 M€210 M€
Catalent Gosselies-183 M€-32 M€
Godiva Belgium-181 M€-66 M€
LDz Compagnie franco-belge de distribution-181 M€-254 M€
Nyrstar Belgium-160 M€-284 M€
Atenor-159 M€-16 M€
DOMO INVESTMENT GROUP-155 M€-30 M€

La biopharma porte les résultats belges : UCB Pharma quadruple son bénéfice à 4,2 milliards, argenx le multiplie par cinq, GSK Biologicals reste au-dessus de 2 milliards. Côté pertes, il s’agit de dépréciations et de restructurations dans des filiales de groupes internationaux, pas de difficultés d’exploitation.

Qui emploie

88 659 sociétés publient un effectif moyen pour 2025, soit 2 236 182 équivalents temps plein. La concentration est extrême : 1 158 sociétés de 250 ETP et plus emploient 48 % de ce total et réalisent 48 % du chiffre d’affaires publié. Les 45 473 sociétés de 1 à 9 personnes emploient ensemble moins que les 1 191 plus grandes divisé par six.

Exercice 2025 par tranche d'effectif déclaré
TrancheSociétésETPCA publié
Sans effectif publié387 978—35,8 Md€
0 ETP13 54800,7 Md€
1 à 9 ETP45 473175 49938,6 Md€
10 à 49 ETP21 361455 711167,3 Md€
50 à 249 ETP4 802488 990253,6 Md€
250 ETP et plus1 1581 062 492478,2 Md€

Les dix premiers employeurs

Effectif moyen déclaré, exercice 2025
#SociétéETP 2025Var.
1HR Rail
Chemins de fer
27 811+1 %
2bpost
Poste et logistique
23 730-3 %
3Randstad Belgium
Intérim
20 826-6 %
4Colruyt Food Retail
Distribution
16 881+0 %
5STIB
Transport public
10 2780 %
6Centrale der Werkgevers aan de Haven van Antwerpen
Port d'Anvers
10 219-2 %
7Familiehulp
Aide à domicile
9 919-1 %
8AIB
Inspection technique
8 853+4 %
9Adecco Personnel Services
Intérim
8 440+0 %
10GlaxoSmithKline Biologicals
Vaccins
8 371-4 %

Rail, poste, intérim, distribution, transport public : le classement des employeurs ressemble à celui d’il y a vingt ans. Les intérimaires y figurent parce que leurs travailleurs mis à disposition comptent dans leur propre effectif. GSK Biologicals est le seul industriel du top 10.

Le tissu est-il solide ?

Rovalta note 684 543 sociétés de 1 à 5 sur leur solvabilité, leur liquidité, leur rentabilité et leur tendance. Verdict : près d’une sur deux (49 %) dépasse 4, une sur sept (14 %) est sous 2. Les fonds propres négatifs reculent, de 13,0 % des déposants 2024 à 12,0 % en 2025, et la part de sociétés en perte aussi. Le tissu s’assainit, avec une réserve : les retardataires, qui déposent à l’automne, sont en moyenne plus fragiles que les premiers.

Score de santé Rovalta, dernier exercice disponible
ScoreSociétésPart
4 à 5 (solide)337 61549,3 %
3 à 4158 20723,1 %
2 à 396 04214,0 %
1 à 2 (fragile)92 67913,5 %

Géographie de la fragilité : 9,1 % des sociétés flamandes sous 2, 12,8 % en Wallonie, 14,2 % à Bruxelles. Le Z-score d’Altman, lui, classe 29 % des sociétés en zone de difficulté : c’est le reflet d’un tissu de micro-sociétés sous-capitalisées, pas une prévision de défaut. Seules 2 134 sociétés signalent des arriérés ONSS dans leurs comptes.

Le registre en 2026

2 059 556 numéros d’entreprise, 1 974 478 actifs, 1 196 562 personnes morales. La SRL est devenue la forme belge par défaut : 45 % des personnes morales, loin devant l’ASBL et la SA. Une curiosité du registre : les 112 954 associations de copropriétaires, troisième « forme juridique » du pays, qui ne sont pas des entreprises.

Personnes morales actives par région
RégionSociétésPart
Flandre688 00657,6 %
Wallonie274 09522,9 %
Bruxelles-Capitale183 59115,4 %
Siège non renseigné49 5594,1 %
Personnes morales actives par forme juridique
FormeSociétés
Société à responsabilité limitée (SRL)539 407
Association sans but lucratif (ASBL)141 342
Association des copropriétaires112 954
Société anonyme (SA)78 414
SPRL (forme ancienne, non convertie)72 545
Entité étrangère70 802
Société en commandite53 299
Sans personnalité juridique28 409
Société en nom collectif24 770
Société en commandite simple14 467

Comment nous avons compté

  • Toute comparaison entre deux exercices porte sur un panel fixe : les 575 449 sociétés ayant déposé pour 2024, exercice clos. Sans pool constant, une variation mélange l’évolution des sociétés et l’arrivée de nouvelles dans le calcul. 82,4 % du panel a déposé pour 2025 à ce jour. Ne mesurez pas la complétude en rapportant les dépôts 2025 aux dépôts 2024 : ce ratio compte des sociétés absentes du panel et affiche 88 %, sept points de trop. Le panel exclut les sociétés créées depuis 2024 et celles qui ont cessé de déposer : il décrit l’économie qui continue. Créations et faillites sont comptées à part, sur le registre.
  • Sources : BCE/KBO Open Data et Centrale des bilans de la BNB, soit 7 485 569 dépôts couvrant 685 955 sociétés, extraits le 22 septembre 2026. Exercice 2025 = clôture entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025 ; il manque encore environ 11 % des dépôts.
  • Les dépôts portant des montants impossibles pour leur format ont été écartés de tous les calculs (plus de 20 millions dans un schéma micro, plus de 500 millions dans un abrégé) : une trentaine de dépôts, dont un qui affichait 12 milliards de marge brute, d’EBITDA et de bénéfice pour l’exercice précédent.
  • Le chiffre d’affaires et l’effectif ne sont publiés que par les modèles complets et une partie des abrégés ; 70 % des dépôts 2025 sont des modèles micro. Les effectifs aberrants ont été écartés et les variations d’effectif ne sont pas commentées.
  • Les secteurs reposent sur l’activité principale BCE, absente pour un quart des déposants.
NoteLecture de données publiques, pas une prévision. Les scores de santé et les zones Altman sont des indicateurs statistiques calculés sur les comptes déposés, ni une notation de crédit ni un avis sur une société en particulier.

À lire ensuite : Startups belges : ce que disent vraiment leurs comptes, la même méthode appliquée aux jeunes pousses financées par le capital-risque.